vendredi 23 décembre 2011

Qumran, la règle de la communauté 1QS, transcription en hébreu

Pour mes besoins personnels de recherche, j'ai retranscrit la Règle de la Communauté, manuscrit de Qumran référénce 1QS. Le manuscrit est visualisable en ligne à cette adresse : http://dss.collections.imj.org.il./community
Et j'ai trouvé une transcription réalisée en lettres latines par David L. Washburn sur une base de la transcription de Charlesworth http://www.nyx.net/~dwashbur/1qsintro.htm

A plusieurs endroits, il me semble que la transcription est fautive. Une reconstruction à partir de plusieurs manuscrits par P.S. Alexander et G. Vermes est disponible ici http://www.2all.co.il/web/sites/bible/PAGE24.asp#.TvS0dFZIGAg 

Il existe aussi un texte fiable ici http://tigers-bay.com/yahoo_site_admin1/assets/docs/Dead_Sea_Scrolls.24531948.pdf  par Florentino García Martínez & Eibert J.C. Tigchelaar
 
לצורכי המחקר שלי, העתקתי את סרך היחד, כתב יד ממערת קומראן הנודע בקוד1QS
 

samedi 25 juin 2011

Jérémie 3-1 difficile compréhension de l'infinitif absolu en hébreu.

L'hébreu use d'une catégorie grammaticale qui lui est spécifique et qu'il est difficile de traduire dans une langue qui ne l'utilise pas. Je veux parler de ce qu'on appelle "l'infinitif absolu" dans שוב אלי shov elay (Jr 3,1 ; הלוא חנוף תחנף הארץ ההיא ואת זנית רעים רבים ושוב אלי נאם יהוה).

Il y a deux infinitifs en hébreu. L'un est dit infinitif absolu et l'autre infinitif construit. Le plus usité est le construit, seul usité de nos jours en hébreu moderne. L'infinitif construit est l'équivalent de notre infinitif français. Dans le cas du verbe "revenir", l'infinitif construit serait שוב shuv.

Ce qu'on appelle l'infinitif absolu est vraiment une autre catégorie grammaticale. Pourquoi l'a-t-on appelé infinitif dans nos langues ? Sans doute parce que cette catégorie ne se conjugue pas. Pourtant, en hébreu biblique l'infinitif absolu n'a pas focément les mêmes valeur que l'infinitif en français.

lundi 7 février 2011

Etude sur le chapitre 16 du Traité Avot de Rabbi Nathan

La présente étude porte sur le chapitre 16 du Traité Avot de Rabbi Nathan dans sa version A (édition traditionnelle du Talmud de Babylone, fin du seder Neziqin ). Ce chapitre est essentiellement un commentaire midrashique de la phrase de Rabbi Yehoshua du traité Avot chapitre 2,11 [14] : « Rabbi Yehoshua dit : le mauvais œil, le mauvais penchant et la haine des créatures, voilà ce que fait sortir l’homme du monde ».

Le chapitre 16 du traité Avot de Rabbi Nathan est un développement en trois parties inégales des trois concepts énoncés par Rabbi Yehoshua qui font sortir l’homme du monde :
- le mauvais œil ;
- le mauvais penchant ;
- la haine des créatures.

mercredi 5 janvier 2011

Pour faire vengeance aux nations

Récemment, mon ami Evyatar Marienberg a lancé un débat en hébreu sur Facebook concernant une photo prise au musée du Judaïsme de Budapest. Il s'agit de trois couteaux destinés à la circoncision et dont l'un comporte une inscription tout à fait suprenante : "pour faire vengeance aux nations" : לעשות נקמה בגוים.

Marienberg s'interroge sur la présence de cette inscription sur un couteau destiné à circoncire les nouveaux-nés mâles de huit jours. Les fabricants de ces couteaux avaient-ils une idée tout autre derrière la tête concernant un usage potentiellement violent de ce couteau pour se venger des non-juifs, goyim, en hébreu ? Il m'est relaté que les couteaux datent de l'époque "moderne" (après la renaissance, mais avant le XXe siècle).


Un père de l'Eglise qui méconnaît la halakha tannaïtique du IIIe siècle ? Proposition d'un sujet de thèse

On me pose la question suivante qui pourrait faire l'objet d'un sujet de thèse, avis aux amateurs : "je suis sur un gros travail et je tombe sur ces lignes qui sont du IIIè siècle. et je me pose la question : est-il possible que du côté chrétien on soit dans une telle ignorance des interprétations évidentes des textes de ce genre ? y avait-il déjà à l'époque une halakha précise sur la distance permise à parcourir le jour du shabbat ? et avait-on déjà défini ce qu'est un fardeau ?  le principe du Erouv avait-il déjà été posé ? (domaine public et privé etc...)
y a-t-il quelques livres sur les datations des principes halakhiques que nous connaissons aujourd'hui dans le judaîsme contemporains mais qui n'existaient peut être pas encore au IIIè siècle. ? Bref, est-ce que sans faire une grosse recherche parce que mon sujet n'est pas directement là dessus, je peux dire que l'auteur est un ignorant crasse de la halakha de son temps..."

dimanche 12 décembre 2010

Permutation des genres en hébreu biblique

Abba Bendavid, dans son livre "la langue de la Bible et la langue des Sages" (לשון מקרא ולשון חכמים), aux pages 33 et 34, traite d'un phénomène courant dans la langue de la Bible : la permutation des formes masculines et féminines d'un même mot, souvent au sein d'un même verset.



Le phénomène existe pour les noms communs. Par exemple Isaïe 3,1 :

כי הנה האדון יהוה צבאות מסיר מירושלם ומיהודה משען ומשענה כל משען לחם וכל משען מים

מַשְׁעֵן וּמַשְׁעֵנָה sont la forme masculine et féminine d'un même mot.

Même phénomène en Nah 2,13 :

אריה טרף בדי גרותיו ומחנק ללבאתיו וימלא טרף חריו ומענתיו טרפה

avec טֶרֶף et טְרֵפָה

jeudi 23 septembre 2010

A propos du scholium de megilat taanit

Megilat Taanit, le rouleau du jeûne (מגלית תענית) est un texte araméen datant de la fin de l’époque du Second Temple qui a été augmenté d’un commentaire en hébreu compilé tardivement (au minimum, à partir du VIIe siècle, mais probablement bien plus tard encore) et qui est appelé scholium (en hébreu סכוליון). Deux hypothèses majeures ont été avancées sur l'origine de ce scholium :
1) il s'agirait d'une création tardive médiévale, originale et sans lien avec aucune tradition antérieure.
2) elle serait réellement tannaïtique, voire contemporaine du second temple. En effet, environ la moitié des éléments disposent de parallèles dans des midrashim ou des passages talmudiques antérieurs.

Selon Vered Noam (ורד נעם - מגילת תענית, הנוסחים, פשרם, תולדותיהם), il existe au moins deux versions du scholium, représentées par les manuscrits d'Oxford et de Parme, le premier véhiculant des traditions s'apparentant au TB, le second au TJ. Deux pôles : l'un plus babylonien, l'autre plus israélien. La version imprimée n'est en fait qu'un mélange de ces deux traditions fortement influencé par la lecture du Talmud de Babylone.

Chacune de ces deux traditions, représentées par deux manuscrits, est cohérente et homogène du point de vue de la rédaction. Un certain nombre d'éléments n'a pas d'antécédents dans la littérature rabbinique, mais plutôt dans la littérature intertestamentaire, comme le livre des Maccabées, ou chez des historiens du premier siècle comme Philon ou Josèphe. La vraisemblance voire la consistence de certains détails permet d'authentifier leur ancienneté.

Vered Noam souligne que le texte Megilat Taanit qui a été diffusée dans le monde ashkénaze et jusque dans l’édition critique de Lichtenstein, est en réalité une version hybride issue de deux manuscrits, mélangés et corrigés avec des éléments du TB. En réalisant la critique textuelle des deux versions des manuscrits de Parme et d’Oxford, elle montre la cohérence historique des sources du Second Temple (Josèphe, Qumran, littérature intertestamentaire), avec les faits décrits dans Megilat Taanit[1], la solidité philologique du caractère tannaïtique du Scholium dans son ensemble, et l’existence des traditions de Megilat Taanit comme source de plusieurs passages talmudiques


[1] V ered Noam, Megilat taanit, pp. 23-24, Jérusalem 2003 [en hébreu] cf. également Teugels, Lieve Ulmer, Rivak Recent Developments in Midrash Research, Vered Noam p. 55 http://books.google.fr/books?id=9tIg8foYA1QC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false